DMF 58

15 avril 2012

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DMF 58 est une association départementale relais de DMF   France 


Notre rôle est d'aider les familles et les enfants à faire face aux difficultés qu'ils rencontrent  en trouvant des points d'appuis, des orientations, des solutions. 




la dyspraxie est un frein dans la vie de tous les jours !!





 
         POUR CONTACTER  DMF 58
                                          : 09 50 78 27 54
 
       francoise-pascal.dmf58@laposte.net 





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LES LOISIRS - LA VIE QUOTIDIENNE


LES LOISIRS - LA VIE QUOTIDIENNE

Ne transformez pas toutes les situations en situations de rééducation. 
L'enfant a besoin de moments et d'activités où il se sente à l'aise, en 
situation de réussite, en compétition positive avec ses pairs. 

 
  Les loisirs


Ne conviennent pas : 

. Les puzzles, les jeux de construction, les mécanos, la construction de 
modèles réduits, ... 
. Les arts plastiques et ateliers graphiques, ... 
. Les activités nécessitant habileté manuelle et coordination fine sont 
généralement source de difficulté et d'échec ; par exemple : le piano, la danse, 
les sports de vitesse/précision et d'équilibre, ...
. Le bricolage, le travail du bois, l'électricité, la couture sont des activités 
difficiles car elles sollicitent les fonctions praxiques. 

Au contraire, peuvent convenir 

selon les goûts de chacun ... : 
. Les déguisements, les marionnettes, les poupées et les dînettes, les voitures 
et les garages, tous les jeux d'imitation,  
. Les consoles de jeux et les jeux informatiques, 
. Le théâtre, le cinéma, 
. La pratique de la vidéo amateur, de la photo, …
. L'écoute de la musique sous toutes ses formes, la pratique du chant, 
. Le tourisme, les voyages, les visites culturelles (de villes, de musées, de 
châteaux, de vignobles, d'usines, de zoos, ...) 
. La cuisine, ... 


La vie quotidienne


Les repas : beaucoup d'enfants doivent être aidés longtemps pour couper leur 
viande ou éplucher certains fruits. 

L'habillage : quelques enfants présentent une dyspraxie de l'habillage qui peut 
être plus ou moins intense. 
. Prévenez l'enseignant si votre enfant va à la piscine ou en classe externée 
afin qu'on l'aide discrètement. 
. Avec l'aide de l'ergothérapeute, apprenez-lui à mettre son anorak ou à se 
rhabiller en sortant des toilettes, ça lui sera utile, mais n'exigez pas qu'il utilise 
ces techniques en permanence, de façon pluriquotidienne. 


CES ENFANTS NE SONT NI PARESSEUX, NI IMMATURES. ILS NE 
RECHERCHENT PAS CETTE SITUATION DE DEPENDANCE QU'ILS 
SUBISSENT. IL FAUT LES AIDER SANS LES HUMILIER. 
Č
 
 

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QU'EST-CE QU'UN ENFANT DYSPRAXIQUE ?

QU'EST-CE QU'UN ENFANT DYSPRAXIQUE ?

 

 

QU'EST-CE QU'UN ENFANT DYSPRAXIQUE ?

 
C'est un enfant anormalement « maladroit » qui ne peut organiser 
les gestes que pourtant il conçoit bien et dont toutes les 
réalisations motrices ou graphiques sont médiocres, informes, 
brouillonnes. 

. Il n'aime pas jouer aux legos, clippos, puzzles ou divers jeux de construction 
où il se révèle totalement incompétent ; il doit être aidé pour s’habiller  bien au 
delà de l'âge normal, et de même, lors des repas car il ne sait pas couper sa viande 
et mange particulièrement salement ; tout ce qu'il  touche tombe, se casse, se 
chiffonne, se tache, se déchire...
 
. Le « retard graphique »  (dysgraphie) est constant, important, durable 
constituant une gène scolaire importante en dépit de progrès notables avec le 
temps (mais toujours insuffisants) : les dessins sont pauvres, souvent qualifiés (à 
tort) « d'immatures »; il ne peut réaliser les figures attendues en fonction de son 
âge (il ne fait pas le rond vers 2 ans, la croix vers 3 ans, le carré vers 4 ans, le 
triangle à 5 ans...); c'est avec retard qu'il apprend à écrire son prénom et il préfère 
longtemps les majuscules d'imprimerie ou les lettres bâton révélant des difficultés 
majeures pour accéder aux cursives (anglaises, écriture « liée »). Le graphisme 
manuel est lent, malhabile, grossier plus ou moins lisible (voire illisible). Quand il 
doit souligner ou entourer il rature ou biffe. Ses cahiers sont sales, brouillons, mal 
tenus, chiffonnés. 
Il ne sait pas utiliser une règle, ni des ciseaux, ni une gomme ... et encore moins 
une équerre ou un compas. 


MAIS 
. C'est un enfant vif, curieux, intelligent et beau parleur. 
. II aime participer aux conversations des `grands',  adore les 
récits et histoires, connaît beaucoup de choses et  a une 
culture générale étendue. 
. Il a une excellente mémoire, apprend avec plaisir et efficacité. 

 

 


 


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LES DIFFICULTES SCOLAIRES

LES DIFFICULTES SCOLAIRES


     
 LES DIFFICULTES SCOLAIRES

    1- LES ACTIVITES GRAPHIQUES

Le retard graphique - qu'il s'agisse de dessins ou de lettres (calligraphie) 
- est toujours au premier plan des difficultés de l'enfant.  
D'une façon générale : 
. Ne pas l'encourager abusivement ni le féliciter de façon imméritée pour 
ses « progrès » en dessin ou en graphisme pour ne pas le focaliser sur ces 
activités : valoriser plutôt ses connaissances, son langage, son 
raisonnement, sa logique, sa créativité. 
. Favoriser au maximum les apprentissages et les contrôles oraux
.En maternelle
. Ne pas assimiler `niveau graphique' et maturité intellectuelle. 
. Ne pas dévaloriser le langage de l'enfant (« il fait illusion, c'est un vernis ») au 
prétexte que ses productions concrètes ne sont pas à la hauteur de ses discours : c'est la 
substance même de son handicap. 
. Ne pas insister pour les jeux de cubes, legos, puzzles, mosaïques, mécanos. Lors 
des activités de découpage, collage, pliage : l'aider ou le faire aider, en insistant sur la 
pertinence de son projet, qu'on l'encouragera à verbaliser explicitement. 
. En ce qui concerne les dessins : valoriser son projet et ses commentaires plutôt que 
la réalisation elle-même. Les programmes de dessin à l'ordinateur, les décalques et les 
coloriages sont souvent très appréciés des enfants.
. Ne pas proposer de maintien en maternelle au delà de 6 ans : cela ne changera rien, 
n'améliorera pas son handicap. Au contraire, si les capacités verbales et 
raisonnementales le permettent, on peut même prévoir un passage anticipé en CP. 
. L'apprentissage du clavier comme outil de suppléance pour l'écrit, peut [doit] être 
mis en place dès la grande section de maternelle. L'apprentissage doit se faire selon des 
techniques spécifiquement adaptées aux très jeunes enfants et aux dyspraxiques - au 
cours de séances d'ergothérapie - puis être repris  en classe et à la maison de façon 
ponctuelle, brève et ludique. 
. Entraîner son attention auditive et sa mémoire (verbale et visuelle) 

 
    En primaire

. Gérer l'écriture clavier : inciter l'enfant à utiliser son clavier et valoriser ses 
productions : présentation, lisibilité, rapidité d'exécution... 
. L'écriture manuelle doit être limitée autant que possible (par exemple : 
« exercices à trous », mots isolés ou écriture des  chiffres). Tolérer alors un 
graphisme malhabile et agrandi,  à condition qu'il soit lisible:  la relecture  par 
l'enfant lui-même doit être aisée. 
Ne jamais encourager les aspects « présentation » ni la qualité de l'écriture 
manuelle aux dépends de la rapidité d'exécution ou de la lisibilité. 
Pour l'enfant dyspraxique, gérer laborieusement le contrôle du dessin des lettres est 
une tâche qui absorbe toute son attention, ne lui laissant que peu de disponibilité 
pour gérer simultanément d'autres informations, plus conceptuelles : écouter 
ce qui est dit, faire attention à l'orthographe, ... 
. Eviter tous les exercices de copie : chaque fois que possible, fournir à l'enfant 
des photocopies de qualité (présentation, contraste) ou scanner les textes ; 
désigner un « secrétaire » (enfant, adulte, ...) pour noter les devoirs dans son 
cahier de texte. L'orthographe d'usage doit être apprise oralement (répétition, 
épellation, étymologie). 
. Aider l'enfant (famille, AVS, ...) à gérer sa trousse, son cartable, les différents 
cahiers, etc. : il faut pallier au défaut d'autonomie scolaire induit par la dyspraxie. 
 
 A partir du collège
 
. L'enfant doit disposer d'un ordinateur portable.
 
 
 
 
N.B. Si possible, préférer des classes à petit effectif et des établissements scolaires où les enfants ne changent pas 
de salle à chaque cours. 
... La prise de notes par écrit doit être limitée (voire supprimée) : il faut 
intensifier l'usage des photocopies et scanner les  textes ; favoriser le recours au 
secrétariat (AVS, camarade de classe, enseignant, …) ; autoriser l'enfant,  après 
apprentissage, à utiliser un magnétophone. 
. Le dispenser de la réalisation de cartes, schémas, dessins. Accepter difficultés 
et échecs en géométrie et travaux manuels.  
. Etre exigeant à l'oral, sur la qualité des apprentissages (leçons sues et 
comprises, applications), l'expression écrite (contenu, orthographe, syntaxe), les 
langues, la culture générale. 
.Aider l'enfant (famille, tutorat, AVS) pour la gestion du cahier de textes, des 
différents classeurs et manuels et mettre à sa portée une méthode d'organisation 
qu'il pourra reprendre à son compte ultérieurement  (après 14-16 ans) : il s'agit 
d'une phase d’étayage.
 
 
      L'ARITHMETIQUE - LES MATHEMATIQUES

Les enfants dyspraxiques souffrent pour la plupart de troubles de la structuration 
spatiale qui sont à l'origine de leurs difficultés en numération et arithmétique. 
Ces dyscalculies spatiales, rebelles sont souvent au premier plan des 
causes de redoublement et d'échec scolaire. 
Pourtant, l'enfant est compétent en raisonnement logique et comprend 
parfaitement la signification des opérations. 

.
 
       En maternelle

. Eviter les activités de dénombrement, de comptage d'une collection : 
l'enfant se trompe car il oublie certains éléments et en compte d'autres plusieurs 
fois. I1 trouve ainsi un « résultat » différent, pour une même collection, à chaque 
nouveau comptage. Ces exercices sont  toxiques pour lui car il détruisent la 
notion d'invariance du nombre. 

. L'association du trouble spatial, des erreurs de comptage et de la dysgraphie 
rend particulièrement inappropriés les exercices où il faut relier entre elles des 
collections (réalisation de traits qui s'entrecoupent). 

. Le recours à du matériel concret (petits jouets, bûchettes, jetons, ...). que 
l'enfant manipule mal (dyspraxie) n'est pas justifié. De même, il n'est pas 
judicieux de l'inciter à utiliser ses doigts pour calculer car il a souvent beaucoup 
de difficultés à isoler un doigt. 

Au contraire, insister sur :  

. L'apprentissage « par cœur » des résultats de petites opérations de calcul 
mental (« faits numériques ») et le recours à la suite orale des nombres. 
. L'utilisation des constellations (configuration de doigts, nombres de 1 à 5, 
représentés par des points disposés comme sur les dominos), utilisées comme 
référence analogique de la notion de quantité. 

Car 

. L'enfant connaît bien la comptine de la suite des nombres ;  
. L'enfant a bien compris la fonction du nombre ; 
. L'enfant raisonne bien et compte bien (ajouts, retraits) oralement, sur de 
petites quantités ; 
. L'enfant  comprend les relations  d'ordre et les relations comparatives 
(plus, moins, pareil,...) ; il peut comparer ou égaliser des collections. 
. Dans l'ensemble, il réussit bien toutes les activités de  catégorisation
(alors qu'il échoue dans la plupart des sériations).  
 

. En primaire

La pose et la résolution des opérations sont rendues difficiles par la nécessité de 
produire un algorithme spatial : écriture des nombres (de droite à gauche, mais 
lecture de gauche à droite), alignement en colonne des unités, dizaines, centaines, 
positionnement des retenues, etc.
 
. S'appuyer sur la file numérique pour travailler les notions d'ajout et de retrait 
de petites collections (« on avance » ou « on recule » sur la file numérique). 

. Utiliser les résultats mémorisés d'opérations fréquentes (« faits 
numériques ») : apprentissage « par cœur » des compléments à  10, des tables 
d'addition et de multiplication, des stratégies de calcul mental. 

. Proposer des logiciels informatiques réalisant la pose des opérations (surtout 
utiles pour visualiser « le reste » dans les divisions). 

. Permettre l'utilisation précoce d'une calculette.
 
Les tableaux à double entrée, le repérage de points comme intersection de 
lignes/colonnes et l'ensemble des représentations graphiques sont d'accès difficiles 
du fait des troubles d'organisation spatiale (et non pour des raisons conceptuelles). 

. On peut proposer des exercices de combinatoire sous une forme verbale. 

Eviter le recours au figuratif, au matériel à manipuler ou à 
dénombrer Favoriser le recours au verbal, au raisonnement, au formel 

 
A partir du collège

. Dissocier raisonnement et calculs numériques.
 
. Eviter les dessins censés représenter la situation-problème, les schémas 
figuratifs : ils parasitent la réflexion de l'enfant qui les analyse et les interprète 
mal. 

. S'appuyer sur des descriptions verbales très complètes et très précises (des 
situations-problème, des règles de calcul algébrique, des séquences successives de 
raisonnement, etc...). 

. Utiliser systématiquement calculette et  programmes informatiques 
spécialisés. 

L'échec en géométrie  est constant et rebelle.  Des logiciels spécialisés sont 
indispensables pour permettre l'accès à certaines notions. L'utilisation des outils 
tels la règle, le compas, l'équerre, le rapporteur, le tracé des figures restent en 
général très compromis. 

. Eviter les redoublements exclusivement liés aux difficultés en mathématiques 
et conseiller des orientations vers des voies non scientifiques (filières littéraires, 
langues, droit, ...)

 
- LA LECTURE

Tous ont d'excellentes compétences métaphonologiques* et  vont apprendre
normalement à lire en CP. Cependant, certains enfants souffrant d'un type particulier
de dyspraxie (dite « visuo-spatiale ») organisent mal leur regard et peuvent présenter 
des difficultés lors de l'accès à la lecture « courante » (CE) et lors de la lecture de 
textes. Certains peuvent souffrir d’une dyslexie  visuo-attentionnelle qui devra faire 
l’objet d’une rééducation très spécifique (orthophoniste).
 
. Non accès à la lecture dite « courante »

L'enfant stagne à un stade de « déchiffrage » plus ou moins efficace, plus ou moins 
laborieux.  Sa fatigabilité à la lecture est anormale (il est épuisé après quelques 
lignes). 
L'orthographe d'usage ne se met pas (ou difficilement) en place. La dysorthographie
s'aggrave avec l'âge malgré les aides fournies (cours particuliers, rééducation 
orthophonique, ...) 

. Il faut consulter un ophtalmologiste et surtout prévoir un bilan orthoptique.
  
. Il faut scanner les textes à lire et augmenter (un peu) la taille des interlignes.
 
. Il faut marquer le début des lignes (par exemple : colonne verte dans la marge 
gauche des livres) et/ou surligner chaque ligne avec des fluos de couleurs différentes.  

. Il faut veiller à la présentation (simple, aérée, régulière) et à la typographie. 

Ces enfants n'aiment pas lire car ils lisent mal, ce qui va constituer un « sur-handicap » 
évitable . il faut leur faire la lecture, acheter des livres-cassettes et des vidéos car ils
apprennent essentiellement en écoutant et en observant. 

. L'enfant se perd dans le texte

Il ne peut répondre aux questions posées ce qui peut  donner l'impression qu'il ne
comprend pas ce qu'il lit. Il est très lent pour retrouver une information dont il a besoin 
(dans ses cours, dans un livre, dans un texte). 

. Lui lire les textes chaque fois que possible et le faire travailler à l'oral. 

. Lire les questions avant le texte : avec des surligneurs de différentes couleurs, il 
repérera les extraits ayant trait à chaque question dès la 1 è`°lecture. 
 
. Les effets de présentation sont très importants : proposer un exercice par page ; 
choisir une typographie et présentation simples, structurées et prévisibles. 
Eviter la multiplication et l'éparpillement des informations sur un même support (murs 
de la classe, tableau, page, ...), ainsi que les mises en page « insolites » car l'enfant s'y 
perd. 

* Compétences méta-phonologiques ou « conscience phonologique » : capacité à  manipuler les sons de la langue, 
indépendamment de l'aspect lié au sens des mots. Cette habileté est indispensable pour accéder au versant écrit des 
langues alphabétiques. 
 
 
 


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POURRA-T-IL FAIRE UNE SCOLARITE, AVOIR UN METIER ?

 POURRA-T-IL FAIRE UNE SCOLARITE, AVOIR UN METIER ?



 
  POURRA-T-IL FAIRE UNE SCOLARITE, AVOIR UN METIER ? 

C'est possible, sous plusieurs conditions : 
- que le niveau intellectuel et verbal soit normal (ou supérieur) ; 
- qu’il n’y ait pas d’autre trouble cognitif associé  (langage, mémoire de 
travail, attention, …) 
- que l'enfant apprenne à gérer ses difficultés lucidement, efficacement 
mais sans dramatiser ; 
- s’il présente d’importants troubles visuo-spatiaux  (ce qui est fréquent),  
qu'il s'oriente vers des études littéraires (français, philosophie, langues, 
histoire, droit, etc.) ce qui suppose une très bonne réussite dans ces 
matières, compte tenu de  l'échec habituel en mathématiques (et 
sciences). 
- qu’il ne soit pas orienté vers une profession « manuelle » ou « pratique », 
dans laquelle il ne sera jamais réellement efficient. 
Son orientation ultérieure dépend de la qualité de  sa scolarité : précocité 
diagnostique, propositions adaptées de compensations et d’aides techniques 
mises en place assez tôt et de façon cohérente. L'enfant doit bénéficier 
d'adaptations et de soutiens différenciés à long terme, à chaque étape de son 
évolution et de sa scolarité. 
 
 


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16 avril 2012

EST-CE UN TROUBLE PSYCHOLOGIQUE ?

   EST-CE UN TROUBLE PSYCHOLOGIQUE ? 


Non, la dyspraxie n’est pas la conséquence de troubles  psychologiques, psychoaffectifs, comportementaux, psychiatriques. Cependant, certains jeunes 
dyspraxiques peuvent aussi présenter des troubles psychologiques (de personnalité, 
de comportement, …) 
Oui, la dyspraxie peut être à l’origine de souffrances psychologiques pour l’enfant 
(manque de confiance en soi, anxiété, dépression, …) et sa famille qui nécessitent 
des aides appropriées :  
. Si le diagnostic n’est pas posé, les symptômes sont confondus avec des 
situations banales (on pense que l'enfant n'est pas motivé, qu'il ne s'applique pas) 
ou interprétées à tort dans un autre cadre (par exemple, dans le cadre de la 
déficience mentale ou de troubles du comportement).Il n'est alors pas rare que, peu 
à peu, confronté à des échecs qu'il ne comprend
 
pas et auxquels il ne peut rien, 
l'enfant se décourage ou manifeste sa souffrance en classe par des comportements 
traduisant son refus scolaire. 
. Lorsque le diagnostic est posé, certains jeunes (surtout des adolescents) refusent le 
diagnostic (ils redoutent d’être « bêtes », ou « fous » ou « handicapés ») et les aides 
proposées (qui les stigmatisent vis-à-vis des copains, les désignent comme 
« différents ») : on parle de « déni » du handicap. Le jeune engage alors toutes ses 
forces pour masquer son trouble (et non pour le dépasser) …
Dans tous ces cas, l’aide d’un pédo-psychiatre et/ou d’un psychologue clinicien est 
indispensable


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QUELS EXAMENS SONT NECESSAIRES ?

    QUELS EXAMENS SONT NECESSAIRES ? 
 
 
       QUELS EXAMENS SONT NECESSAIRES ? 

Dans tous les cas, il faudra faire pratiquer :
... Une évaluation psychométrique faite par un(e) psychologue – en première 
intention, on proposera toujours les échelles de Wechsler adaptées à l’âge –. Ces tests 
visent à objectiver : 

o d'une part, le fait que les épreuves nécessitant des compétences practo-spatiales 
sont  pathologiquement  échouées (et qu'il ne s'agit donc pas d'une simple 
particularité de l'enfant, banale) ; 

o d'autre part, le fait que, dans les épreuves qui ne sont ni gestuelles ni spatiales 
(ex : épreuves verbales, mnésiques, conceptuelles et raisonnementales). 
l'enfant a des performances normales, concordantes avec son âge réel. 
... Une évaluation neuro-psychologique effectuée par un(e) neuro-psychologue. Cet 
examen permettra de préciser de quel type de dyspraxie souffre l'enfant, d’éliminer ou 
de préciser d’éventuels troubles associés (attention, mémoire, …)  
... Un bilan psychomoteur et/ou ergothérapique précisera les capacités de l’enfant 
en ce qui concerne : les traitements visuo-spatiaux, le schéma corporel, la 
latéralisation ; il objectivera les difficultés graphiques (tests étalonnés) et gestuelles. 
. Un bilan orthoptique peut être demandé, en particulier en cas d’antécédent de 
strabisme précoce (apparu avant 1 an) et/ou si coexistent des troubles de la lecture. 
. Plus rarement, en fonction de chaque cas, un examen neurologique et/ou une IRM 
pourront être utiles. 
Une synthèse de tous ces examens et bilans est nécessaire pour affirmer le diagnostic
et faire  des préconisations réellement adaptées tenant compte de l’ensemble des 
évaluations : elle peut être faite soit par le médecin spécialiste, soit par le (la) 
neuropsychologue.


 
       Y A-T-IL UN TRAITEMENT ?


On peut  améliorer les symptômes dont souffre l'enfant par la prescription de 
rééducations spécialisées (ergothérapie, psychomotricité). Simultanément, on peut 
éviter (ou limiter), et surtout  limiter l’impact de la dyspraxie sur les 
apprentissages scolaires par la mise en place d'adaptations particulières et le 
recours à des aides techniques (ordinateur). 
L'efficacité des moyens mis en œuvre dépend de la précocité du diagnostic et de la 
bonne coordination entre les divers intervenants (rééducateurs, pédagogues, 
parents), garant, dans la durée (tout au long de la scolarité), de la cohérence des
aides proposées.
 
 

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QUELQUES PRECISIONS MEDICALES

QUELQUES PRECISIONS MEDICALES

     
 
    Les dyspraxies sont des anomalies de la planification et de
l'automatisation des gestes volontaires. 


Indépendamment de  la commande motrice proprement dite qui est préservée
(absence de « paralysie »), la réalisation de chacun de nos gestes nécessite la 
coordination et la régulation de nombreux facteurs sensori-moteurs : tonus postural, 
gestion temporelle des contractions et décontractions des différents groupes 
musculaires concernés, contrôle précis de la directionnalité, de l'amplitude et de la 
force, de la configuration manuelle (prises) etc... La gestion coordonnée et 
automatique de tous ces aspects temporels et spatiaux fait normalement l'objet d'une 
pré-programmation cérébrale - d'une planification motrice « globale » - qui seule 
permet la réalisation précise, harmonieuse et efficace du geste. 
En cas de dyspraxie :
. Les gestes sont lents et maladroits ; c'est souvent la composante spatiale de 
l'organisation gestuelle du geste qui est perturbée. 
. La réalisation des gestes est fluctuante d'un essai sur l'autre, allant de la 
réussite occasionnelle et non reproductible à toutes formes d'échecs. 
. L'enfant progresse avec le temps (l'entraînement, les rééducations), mais il 
ne normalise jamais sa performance. En particulier, le geste ne s'automatise jamais 
nécessitant toujours  un contrôle volontaire extrêmement coûteux sur le plan 
attentionnel, générant une fatigue anormale, souvent méconnue. 
     


 
    Quelles sont l es causes ?


Cette anomalie du développement gestuel se voit dans deux contextes différents : 
. Au décours de lésions cérébrales plus ou moins localisées (IMC*, le plus 
souvent enfant  ancien prématuré ;  tumeur ou accident vasculaire cérébral ; 
traumatisme crânien ...). La dyspraxie peut être isolée ou associée à d'autres séquelles 
neurologiques. On parle alors de « dyspraxie lésionnelle ». 
. Chez des enfants sans aucun antécédent pathologique qui, pour des 
raisons encore obscures, ne construisent pas normalement leurs fonctions praxiques 
(« dysfonctionnement » cérébral focalisé)  et ce, bien que toutes les autres fonctions 
cérébrales soient normales. On parle alors de  dyspraxie développementale qui 
rentre dans le cadre des « troubles spécifiques des apprentissages ». 
La plupart des dyspraxies s'accompagnent  de troubles de la structuration de 
certaines notions visuo-spatiales : l'enfant a des difficultés à se repérer sur la page, 
à s'orienter dans les tableaux, les repères de points ou les quadrillages, les obliques, 
les cartes de géographie, à situer les uns par rapport aux autres l'emplacement des 
différents éléments d'un schéma, d'un puzzle, d'une figure géométrique..

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dyspraxie : Comment faire pour obtenir des aides à l’école :

dyspraxie : Comment faire pour obtenir des aides à l’école :


 Comment faire pour obtenir des aides à l’école :


Pour obtenir des aides, adaptations, aménagements à l’école vous devez :
  • contacter le médecin scolaire
  • déclarer votre enfant à l’ex-CDES : la reconnaissance du trouble par cette commission est un préalable à l’ensemble des démarches ultérieures (demande d’AVS, demande d’ordinateur, demande d’aménagements des horaires ou des méthodes pédagogiques, signature d’un Projet Personnalisé de Scolarisation, AES pour financer des rééducations en libéral…).
Quelles aides peuvent être proposées :

  • En fonction du projet de chaque enfant (PIIS, Projet Personnalisé de Scolarisation), il pourra être proposé :
    • des aménagements d’emploi du temps : dispense de certains cours (EPS ou arts plastiques par exemple) pour permettre les rééducations sur le temps scolaire (importance de ne pas trop surcharger les journées de ces enfants, déjà lents et fatigables) ;
    • des aménagements pédagogiques : fourniture de photocopies (pour limiter les écrits), contrôle oral, recours précoce à la calculette…
    • des aides techniques : usage de l’ordinateur, de logiciels spécialisés ;
    • des aides humaines (AVS, EVS)
    • un tiers temps supplémentaire pour les contrôles (ou des exercices plus courts, aménagés en fonction de la lenteur de l’enfant)
    • toute mesure susceptible d’améliorer la scolarisation et les apprentissages de l’enfant peuvent être envisagées avec le médecin scolaire et l’équipe éducative


 Comment adapter l’enseignement pour un jeune à la fois dyspraxique et précoce (QIV = 156 et QIP = 75) :

    • il s'agit là de cas particuliers qui illustrent, à l’extrême, le surinvestissement verbal de ces enfants dyspraxiques. 
Il faut bien sûr faire, avec vous, l’équipe éducative et l’équipe de rééducation, un projet très individualisé, en essayant de tirer le meilleur parti des capacités d’abstraction, de mémoire, de raisonnement et de langage de votre enfant.


 La mémoire doit-elle pallier les difficultés en maths ou en orthographe :


Oui. Malheureusement, « la mémoire » est souvent dévalorisée et considérée comme un apprentissage sans compréhension. Or, ce ne doit pas être le cas. Il faut que ces enfants apprennent par cœur (les tables d’addition, de multiplication, les compléments à 10, les « trucs » de calcul mental, …) ou des listes de mots qui présentent la même particularité orthographique. Ils utiliseront ensuite ces savoirs pour résoudre des problèmes ou faire de l’expression écrite. Ces apprentissages mémorisés seront pour eux des outils qu’ils pourront ensuite utiliser de multiples façons dans des activités réfléchies.
Ainsi, l’orthographe n’est pas apprise en faisant écrire (ni copier) les mots, mais en insistant oralement sur les particularités orthographiques du mot, ceux de la même famille, et par la pratique (à partir du CE2) de la « lecture flash » (> les orthophonistes).

 
   Quel est le rapport et/ou la différence entre dyslexie et dyspraxie de la lecture :


Le terme de « dyspraxie de la lecture » n’est pas le terme habituel ni « officiel » (quoique je le trouve très évocateur !).
Le terme de « dyslexie » désigne toutes sortes de difficultés de lecture (chez des enfants d’intelligence normale, scolarisés normalement) :
  • certaines sont liées à des problèmes dits « phonologiques » ; comme ce sont, de loin, les plus fréquents, certains assimilent (à tort) « dyslexie » et « dyslexie phonologique » …
  • d’autres sont liées à des problèmes visuels (ou encore, selon certains « visuo-attentionnels »). Les enfants qui présentent des dyspraxies d’utilisation des gestes appris avec les yeux (par exemple, automatisation de l’organisation des saccades durant la lecture) sont très gênés en lecture : leur difficulté concerne la prise d’information visuelle (oublis de mots, sauts de lignes, fatigabilité intense) et non la « conscience phonologique ».
Bien sûr, la rééducation et les aides proposées aux jeunes dyslexiques doivent tenir compte de la nature de leurs difficultés et les jeunes présentant des « dyslexies visuelles » ne doivent pas du tout être rééduqués comme des « dyslexiques phonologiques ».


      La dyspraxie entraîne-t-elle un blocage intellectuel à partir du collège, notamment en maths :

Il ne s’agit pas d’un « blocage intellectuel », mais d’une difficulté particulière à accéder à certains concepts, ou à certains éléments constitutifs des apprentissages et des programmes mathématiques. Ce sont les troubles visuo-spatiaux qui sont à l’origine de ces « dyscalculies » (il s’agit de dyscalculies spatiales) assorties d’échecs en géométrie, qui peuvent, selon leur intensité se manifester bruyamment dès l’école primaire, ou, dans les cas moins sévères, se dévoiler au collège.
Par ailleurs, ces dyscalculies se combinent avec des difficultés en géométrie, ce qui aggrave l’échec en mathématiques.
   

      Quels conseils donner à un enseignant qui a un enfant dyspraxique dans sa classe :

Le guide pratique « comment permettre ou favoriser la scolarité de l’enfant dyspraxique » a été rédigé dans cet esprit. D’une façon plus générale, il serait souhaitable qu’il y ait une information sur ces pathologies dans tous les IUFM.
Les médecins scolaires, les psychologues scolaires, et, quelquefois, les personnels des RASED, peuvent avoir eu une formation sur ce sujet et servir de « personne-ressource » au sein d’une école. C’est cependant loin d’être systématique …
 
 
       Faut-il tout dire à l’école lors d’un changement d’établissement au sujet des problèmes de l’enfant :

« Tout », ce n’est pas sûr ! Mais il certainement aussi très dangereux de ne « rien » dire : les difficultés de l’enfant ne vont pas disparaître par magie lors du changement d’établissement. Les échecs, anomalies, difficultés qu’il présente risquent, dès leurs premières manifestations, d’être interprétés comme un manque de travail, de motivation, de soin, une opposition, une incompréhension, etc.
 
 
        Les enseignants sont très seuls, très démunis, ce qui peut favoriser des comportements inadéquats vis-à-vis de l’enfant dyspraxique. Pourquoi ne pas prévoir un accompagnement de l’enseignant, ou au moins une information :

Si l’enfant est suivi par un SESSAD ou un SESSD, l’équipe de soins fait habituellement cet accompagnement, d’autant que les différents rééducateurs se rendent sur place, à l’école. Ils peuvent ainsi rencontrer très fréquemment l’enseignant et échanger avec lui sur les difficultés qu’il rencontre et les moyens d’y remédier. 
Les médecins scolaires peuvent également quelquefois, s’ils sont informés, servir de relais et aider l’enseignant ; mais ce ne peut être que très ponctuel car ils ont en charge un nombre très important d’enfants et de classes.
Le problème de l’information et de la formation, pour tous les acteurs autour de l’enfant dyspraxique, reste fondamental.

 
      Le redoublement peut-il être utile aux enfants dyscalculiques et dysorthographiques :

Cela est affaire de cas particulier :
  • le redoublement, en lui-même, ne réglera pas le problème ni de la dyscalculie, ni de la dysorthographie : ces troubles sont du ressort de rééducations, souvent associés à des adaptations (logiciels adaptés, tolérance accrue de l’enseignant, …). Il peut donc ne pas être judicieux de proposer un redoublement, qui peut accentuer chez l’enfant le sentiment de son incapacité, le coupera de ses camarades, peut être vécu comme une humiliation … surtout si, dans les autres secteurs des apprentissages, il a fait les acquis de sa classe d’âge (histoire, SVT, culture générale, lecture, raisonnement et logique…) ;
  • Mais si, dans tous les secteurs, dans toutes les matières (lenteur, aides insuffisantes pour pallier efficacement sa dyspraxie) l’enfant est en décalage net par rapport à sa classe, il peut alors être bénéfique de proposer un redoublement (assorti des aides adaptées), redoublement qui lui permettra de reprendre pied.

           Quelle est l’efficacité de l’accompagnement AVS, et jusqu’à quel niveau scolaire peut-on y recourir :

Tout d’abord, il faut définir clairement le rôle de l’AVS auprès de l’enfant : dans quelles activités elle doit « faire pour lui », à sa place (ex : copier la poésie, inscrire les devoirs sur le cahier de textes, installer et brancher l’ordinateur, …), ou bien faire sur ses instructions verbales (découper, coller des gommettes, dessiner ou tracer, colorier selon les consignes, ou encore écrire sous sa dictée : rôle de secrétaire, ...), ou bien l’aider à faire lui-même, ou bien s’effacer et l’inciter à faire seul. Ceci se discute en équipe éducative, et dépend aussi, bien sûr, de la formation des AVS …
Par ailleurs, toute une partie du travail de l’AVS ne se réalise pas directement auprès de l’enfant : importance de lui fournir des photocopies (datées, numérotées, classées), de scanner certains textes pour les remettre en forme et en permettre ensuite l’exploitation par l’enfant, imprimer les documents produits par l’enfant à l’ordinateur, etc.
Les jeunes peuvent théoriquement bénéficier d’un AVS (après accord de l’ex-CDES) durant toute la scolarité obligatoire. Cependant, en raison de la pénurie chronique de personnel, il y a peu d’AVS en poste à l’école maternelle (certains estiment que la présence de personnel ATSEM suffit…) ou alors seulement en grande section et le plus souvent à temps partiel.
Enfin, du fait de la non reconnaissance « officielle » de la dyspraxie (et des autres troubles spécifiques des apprentissages) au niveau de l’Education Nationale, les enfants souffrant d’un handicap reconnu (déficients visuels, déficients auditifs, troubles mentaux et handicap moteur) sont, de fait, prioritaires pour l’obtention des AVS …

 
    Est-ce que la dyspraxie donne droit à du temps supplémentaire lors des examens, comme les dyslexies :


Tout à fait : les élèves peuvent disposer d’un tiers temps supplémentaire lors des contrôles et examens. La demande doit être justifiée médicalement (voir le médecin scolaire).


     Ces enfants ont-ils en outre, des problèmes à l’apprentissage d’une langue étrangère, anglais ou allemand :
Ce n’est pas systématique, mais cela peut arriver, en particulier pour ceux qui souffrent de troubles de l’oculomotricité et de la stratégie du regard : ils peuvent avoir du mal à « photographier » les nouveaux mots,  en mémoriser la forme écrite et l’orthographe.

 
    Que faire lorsque l’enfant dyspraxique (diagnostic établi à 10 ans) est dans un IMpro où on ne tient pas compte de ses difficultés : on ne lui propose que des stages manuels :

Il faut rencontrer le médecin et l’équipe médicale de l’IMpro. Vous pouvez aussi vous adresser au médecin de l’ex-CDES et voir si une autre orientation peut être proposée à votre enfant.
               
Notre enfant est dyslexique + dyspraxique ; il ne pourra pas rentrer dans une 6ème normale : quelles sont les possibilités :
                

Votre enfant peut peut-être bénéficier d’un UPI, par exemple une UPI « langage », qui accueille des enfants dysphasiques et/ou dyslexiques. Ensuite, des aménagements seront proposés à l’équipe éducative pour tenir compte de sa dyspraxie …


Comment, dans un IME, faire reconnaître la dyspraxie de mon enfant ? Par exemple, on lui refuse un ordinateur car le plus important pour cette institution, c’est de lui apprendre à écrire à la main ... :

Pour généraliser le problème particulier que vous soulevez, il faut évoquer plusieurs cas :
  1. L’enfant présente une déficience mentale (ce qui fait supposer l’admission en IME).
    L’ordinateur peut alors être un outil pédagogique, au même titre que beaucoup d’autres. Son utilisation en tant que palliatif aux difficultés graphiques dépend surtout du niveau et des besoins du jeune en langage écrit (niveau de lecture +++, capacité à épeler des mots simples, etc.)
  2. Au sein d’une déficience mentale modérée (qui a justifié l’admission en IME), l’enfant présente des difficultés praxiques et/ou visuo-spatiales très importantes, beaucoup plus sévères que la déficience mentale ne la laisse attendre.
    Si il sait lire et écrire (épellation de mots simples, utilisation de mots-étiquettes ou de lettres mobiles) et si il dispose d’une mémoire spatiale suffisante (à vérifier auparavant : évaluation par le médecin, le psychologue, le psychomotricien ou l’ergothérapeute), il peut en effet être judicieux de ne pas surajouter les problèmes de réalisation manuelle du dessin des lettres à l’ensemble de ses difficultés. On a en effet intérêt, dans ces cas, à ne pas proposer des tâches où toutes les difficultés s’accumulent (ce qui freine l’apprentissage de la notion visée), mais à les dissocier pour permettre des apprentissages dans les meilleures conditions. Exemple : dissocier l’apprentissage de la calligraphie (dessin des lettres et leur enchaînement) de celui de l’apprentissage des correspondances entre les sons et les lettres ou groupes de lettres (et là, on préfèrera le clavier de l’ordinateur), etc.
  3. Le jeune n’est pas vraiment déficient mental, mais présente une dyspraxie sans que ses capacités verbales (normales ou justes à la limite inférieure de la norme) ne soient suffisantes pour lui permettre de « compenser » le trouble praxique ou practo-spatial.
    Il convient alors de favoriser toutes les techniques, méthodes et stratégies utilisées chez le jeune dyspraxique. Mais il lui faudra plus de temps pour faire les acquisitions, ce qui se traduira par un décalage, plus ou moins important, dans ses acquisitions et justifie une scolarité à un rythme adapté (CLIS, UPI ou IME, selon les cas). 
    En ce qui concerne l’orientation ou la ré-orientation d’un jeune dans telle ou telle structure, il faut s’adresser aux ex-CDES de votre département, qui vous indiqueront s’il existe – ou non – d’autres structures mieux adaptées à votre enfant.
Quelle orientation proposer si, en fin de CM2, le jeune dyspraxique ne peut poursuivre au collège :


Il faut envisager soit une EREA (établissement régional d’enseignement adapté, Education Nationale), soit une UPI (selon les lieux et les équipes, UPI pour jeunes « handicapés moteurs » ou pour jeunes « handicapés mentaux »), soit une SEGPA (cf. question ci-après).

    Le proviseur du collège nous demande de faire une liste de ce qu’il faudra prévoir pour notre enfant : c’est très difficile pour nous d’y répondre, d’autant que nous ne connaissons pas le fonctionnement du collège, ni ce qui est possible … :

C’est une intention louable, de la part du proviseur, que de s’enquérir des besoins particuliers de votre enfant. Cependant, ce n’est pas à vous de répondre à cette demande. D’une part, sur le plan médical vous n’avez pas toutes les compétences requises, d’autre part, comme vous le signalez, vous ne connaissez pas le fonctionnement du collège ; enfin, vos demandes peuvent être mal interprétées, par exemple, comme un souci de surprotection de votre enfant.
Aussi, vous devez d’abord demander un rendez-vous au médecin scolaire, discuter avec lui des difficultés et capacités de votre enfant, lui faire part des rééducations et aides dont il bénéficie déjà, des mesures mises en place ou préconisées durant sa scolarité primaire (produisez tous les documents en votre possession, résultats d’examens, conclusions de consultations, bilans des divers rééducateurs), des mesures qui, à votre avis, sont indispensables pour le collège.
Eventuellement, le médecin scolaire se mettra en contact avec l’école primaire, les médecins et/ou les rééducateurs qui suivent votre enfant, puis il provoquera une réunion de l’équipe éducative (où vous serez conviés) où le proviseur, le professeur principal … seront informés des problèmes de votre enfant et des mesures à mettre en place (aménagements d’emploi du temps, aides techniques et/ou humaines, aménagements pédagogiques, tiers temps supplémentaire, etc.). Si un SESSD ou un SESSAD suit déjà votre enfant, une réunion tripartite (Service de Soins, famille, collège) sera des plus utiles.

 
      Qu’est-ce qu’une CLIS :
Est-ce vraiment « un plus » de regrouper les enfants au sein d’une même classe (CLIS « spécialisée ») :

La plupart des enfants dyspraxiques n’ont pas besoin de classe « spécialisée ». Ils ont besoin que le diagnostic soit porté en temps utile, que les mesures adéquates leur soient proposées, que les enseignants qui les reçoivent, dans leur classe « ordinaire », soient informés. Pour la grande majorité des enfants dyspraxiques, cette question ne se pose donc pas.
Pour quelques uns, la poursuite de la scolarité en classe banale n’est pas possible, soit momentanément, soit définitivement (association de « Dys -», lenteur très importante, présence de troubles neuro-visuels sévères tels une agnosie visuelle, etc.). Ces enfants doivent alors bénéficier d’un enseignement adapté, avec un enseignant bien averti de leurs problèmes, en petit groupe, avec un ajustement des exigences, des méthodes et du rythme des acquisitions. C’est le rôle des CLIS (scolarité primaire) et des UPI (niveau collège).
Il n’y a pas d’intérêt particulier à regrouper les enfants en fonction du diagnostic médical. 
Par contre, il y a un grand intérêt à les regrouper en fonction des adaptations pédagogiques imposées par le handicap, ce qui représente deux grandes options :
  • Les enfants dysphasiques, dyslexiques (troubles du langage, oral ou écrit) ont besoin d’aides visuelles (schémas, dessins, vidéos, …) et d’une adaptation du langage de l’enseignant (phrases courtes et simples, …) ;
  • Les enfants dyspraxiques (mais aussi neuro-visuels, cf. « troubles « non-verbaux »), ont au contraire besoin d’un recours systématique au séquentiel, au verbal, à la mémorisation, alors que les références visuelles et visuo-spatiales sont contre-indiquées.
On voit donc mal comment concilier les deux approches (opposées) au sein d’une même classe, sinon à proposer à chaque enfant un quasi-préceptorat. Par ailleurs, il convient de former les enseignants spécialisés, qui ne peuvent être « spécialisés en tout » ( !).
Enfin, ces CLIS (et UPI) sont au sein d’établissement scolaires banals et les enfants de ces classes sont également intégrés dans une classe ordinaire (en fonction de leur projet individuel). Ils participent aux récréations, à la cantine et aux sorties, avec l’ensemble des camarades de leur classe.

 Il n’y a pas assez de classes (CLIS et UPI) adaptées aux dyspraxies sévères … :

Les associations de parents et nous-mêmes cherchons à travailler avec les structures de l’Education Nationale pour faire remonter les besoins.
 
 
Actuellement, c’est le plus grand problème : les besoins ne sont pas répertoriés et donc, les moyens ne peuvent être ajustés, ni en ce qui concerne les classes spécialisées, ni en ce qui concerne les AVS.
 
 
C’est la raison pour laquelle il faut signaler systématiquement toutes les difficultés aux médecins scolaires, à l’académie et au rectorat (pour le secondaire)
             
 
      Les SEGPA sont-elles adaptées à la dyspraxie :

Généralement, les deux premières années de SEGPA sont consacrées à la poursuite des apprentissages en lecture, écriture et calcul. Cela peut donc bien convenir lorsqu’un jeune n’a pas la possibilité de faire une 6ème et se trouve avoir grossièrement un « niveau » de CE2 en fin de primaire.
Durant les deux années suivantes, sont introduits des temps d’ateliers, dans le but d’aider le jeune à faire un projet pré-professionnel : certains de ces ateliers sont tout à fait inaccessibles aux jeunes dyspraxiques (couture, bois, électricité, …).
Il faut donc se renseigner sur les ateliers proposés localement, dans les SEGPA, et décider au cas par cas.
 
   
 Quelle orientation proposer si, en fin de 3ème, le jeune dyspraxique ne peut poursuivre au lycée :

Il faut demander à rencontrer le conseiller d’éducation, provoquer une consultation au CIO (centre d’information et d’orientation), se renseigner sur les formations pré-professionnelles possibles dans votre région et adaptées au niveau scolaire et à la dyspraxie du jeune.
Les métiers concernant les soins aux animaux, l’accueil et les relations publiques, l’utilisation de l’ordinateur (reprographie…) sont, entre autres et selon les intérêts du jeune, des voies possibles.
   
 
      Les écoles sont souvent peu informées et beaucoup d’enseignants ne connaissent pas la dyspraxie. Comment trouver une école adaptée, notamment pour le secondaire :

L’information et la formation des personnels enseignants sont en effet encore assez variables selon les régions. 
Il existe, dans certains départements, quelques CLIS où les enfants dyspraxiques sont accueillis par des enseignants spécialisés (souvent des CLIS « handicap moteur » dites aussi CLIS 4, quelquefois rebaptisées « CLIS troubles cognitifs »). C’est la même chose en ce qui concerne certaines UPI « handicap moteur » (niveau collège), qui acceptent quelques enfants dyspraxiques.
Sinon, c’est au cas par cas qu’il faut mettre sur pied un projet individuel de scolarisation avec l’aide d’une équipe de soins qui connaît les dyspraxies et pourra être un interlocuteur valable pour l’équipe éducative. Mais ces équipes de soins elles-mêmes sont rares et inégalement réparties sur le plan géographique. 
Il faut toujours d’abord rencontrer le médecin scolaire et le médecin de l’ex-CDES, et leur demander de coordonner au mieux la scolarisation de votre enfant…

Mon enfant est en CM2. Il n’est pas aidé par des spécialistes. Il est lent, fatigable et a beaucoup de mal à se concentrer sur l’écriture. Comment préparer l’entrée en 6ème :

Il est très important qu’un diagnostic soit porté. Beaucoup d’enfants sont lents ou fatigables, sans être dyspraxiques : ce sont alors d’autres aides qui seront adaptées. Tant qu’un diagnostic n’est pas établi, il n’est pas possible de vous conseiller utilement.
Mon fils a 14 ½ ans. Il a été diagnostiqué dyspraxique à 9 ans mais n’a aucun suivi, sauf de la rééducation orthophonique. Il est actuellement en 4ème « aide et soutien » : quels projets professionnels peut-on définir :

Il est impossible de vous répondre sans connaître davantage les difficultés, mais aussi les « points forts » de votre enfant.
Il est certainement urgent :
  • de revoir le médecin (ou l’équipe) qui a porté le diagnostic, pour voir avec eux si un bilan peut être fait ainsi que des propositions de prise en charge ou d’aides …
  • d’en parler avec le médecin scolaire
  • de rencontrer le conseiller d’orientation.
Par ailleurs, pourquoi votre enfant est-il suivi en orthophonie ? A-t-il un problème de langage oral ? de dyslexie ? autre ?
Evidemment, c’est l’ensemble des difficultés de votre fils qui doit être pris en compte pour réfléchir à son avenir, ainsi que ses goûts et ses intérêts…


EST-CE UN HANDICAP ?

EST-CE UN HANDICAP ?

       
 
    EST-CE UN HANDICAP ?

 
La dyspraxie, si elle est intense, constitue un réel handicap. C’est un 
handicap cognitif (trouble cognitif spécifique, ou  trouble spécifique des 
apprentissages, TSA). 
La reconnaissance de ce handicap (déclaration à la MDPH, rédaction d'un 
PPS) permet que ces troubles soient mieux pris en compte  (adaptations 
pédagogiques, formation de maîtres spécialisés...)  et mieux connus (des 
pédiatres, des pédagogues, des psychologues scolaires) et donc moins 
pénalisants pour les enfants. 

Posté par DMF 58 à 00:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]