LES DIFFICULTES SCOLAIRES


     
 LES DIFFICULTES SCOLAIRES

    1- LES ACTIVITES GRAPHIQUES

Le retard graphique - qu'il s'agisse de dessins ou de lettres (calligraphie) 
- est toujours au premier plan des difficultés de l'enfant.  
D'une façon générale : 
. Ne pas l'encourager abusivement ni le féliciter de façon imméritée pour 
ses « progrès » en dessin ou en graphisme pour ne pas le focaliser sur ces 
activités : valoriser plutôt ses connaissances, son langage, son 
raisonnement, sa logique, sa créativité. 
. Favoriser au maximum les apprentissages et les contrôles oraux
.En maternelle
. Ne pas assimiler `niveau graphique' et maturité intellectuelle. 
. Ne pas dévaloriser le langage de l'enfant (« il fait illusion, c'est un vernis ») au 
prétexte que ses productions concrètes ne sont pas à la hauteur de ses discours : c'est la 
substance même de son handicap. 
. Ne pas insister pour les jeux de cubes, legos, puzzles, mosaïques, mécanos. Lors 
des activités de découpage, collage, pliage : l'aider ou le faire aider, en insistant sur la 
pertinence de son projet, qu'on l'encouragera à verbaliser explicitement. 
. En ce qui concerne les dessins : valoriser son projet et ses commentaires plutôt que 
la réalisation elle-même. Les programmes de dessin à l'ordinateur, les décalques et les 
coloriages sont souvent très appréciés des enfants.
. Ne pas proposer de maintien en maternelle au delà de 6 ans : cela ne changera rien, 
n'améliorera pas son handicap. Au contraire, si les capacités verbales et 
raisonnementales le permettent, on peut même prévoir un passage anticipé en CP. 
. L'apprentissage du clavier comme outil de suppléance pour l'écrit, peut [doit] être 
mis en place dès la grande section de maternelle. L'apprentissage doit se faire selon des 
techniques spécifiquement adaptées aux très jeunes enfants et aux dyspraxiques - au 
cours de séances d'ergothérapie - puis être repris  en classe et à la maison de façon 
ponctuelle, brève et ludique. 
. Entraîner son attention auditive et sa mémoire (verbale et visuelle) 

 
    En primaire

. Gérer l'écriture clavier : inciter l'enfant à utiliser son clavier et valoriser ses 
productions : présentation, lisibilité, rapidité d'exécution... 
. L'écriture manuelle doit être limitée autant que possible (par exemple : 
« exercices à trous », mots isolés ou écriture des  chiffres). Tolérer alors un 
graphisme malhabile et agrandi,  à condition qu'il soit lisible:  la relecture  par 
l'enfant lui-même doit être aisée. 
Ne jamais encourager les aspects « présentation » ni la qualité de l'écriture 
manuelle aux dépends de la rapidité d'exécution ou de la lisibilité. 
Pour l'enfant dyspraxique, gérer laborieusement le contrôle du dessin des lettres est 
une tâche qui absorbe toute son attention, ne lui laissant que peu de disponibilité 
pour gérer simultanément d'autres informations, plus conceptuelles : écouter 
ce qui est dit, faire attention à l'orthographe, ... 
. Eviter tous les exercices de copie : chaque fois que possible, fournir à l'enfant 
des photocopies de qualité (présentation, contraste) ou scanner les textes ; 
désigner un « secrétaire » (enfant, adulte, ...) pour noter les devoirs dans son 
cahier de texte. L'orthographe d'usage doit être apprise oralement (répétition, 
épellation, étymologie). 
. Aider l'enfant (famille, AVS, ...) à gérer sa trousse, son cartable, les différents 
cahiers, etc. : il faut pallier au défaut d'autonomie scolaire induit par la dyspraxie. 
 
 A partir du collège
 
. L'enfant doit disposer d'un ordinateur portable.
 
 
 
 
N.B. Si possible, préférer des classes à petit effectif et des établissements scolaires où les enfants ne changent pas 
de salle à chaque cours. 
... La prise de notes par écrit doit être limitée (voire supprimée) : il faut 
intensifier l'usage des photocopies et scanner les  textes ; favoriser le recours au 
secrétariat (AVS, camarade de classe, enseignant, …) ; autoriser l'enfant,  après 
apprentissage, à utiliser un magnétophone. 
. Le dispenser de la réalisation de cartes, schémas, dessins. Accepter difficultés 
et échecs en géométrie et travaux manuels.  
. Etre exigeant à l'oral, sur la qualité des apprentissages (leçons sues et 
comprises, applications), l'expression écrite (contenu, orthographe, syntaxe), les 
langues, la culture générale. 
.Aider l'enfant (famille, tutorat, AVS) pour la gestion du cahier de textes, des 
différents classeurs et manuels et mettre à sa portée une méthode d'organisation 
qu'il pourra reprendre à son compte ultérieurement  (après 14-16 ans) : il s'agit 
d'une phase d’étayage.
 
 
      L'ARITHMETIQUE - LES MATHEMATIQUES

Les enfants dyspraxiques souffrent pour la plupart de troubles de la structuration 
spatiale qui sont à l'origine de leurs difficultés en numération et arithmétique. 
Ces dyscalculies spatiales, rebelles sont souvent au premier plan des 
causes de redoublement et d'échec scolaire. 
Pourtant, l'enfant est compétent en raisonnement logique et comprend 
parfaitement la signification des opérations. 

.
 
       En maternelle

. Eviter les activités de dénombrement, de comptage d'une collection : 
l'enfant se trompe car il oublie certains éléments et en compte d'autres plusieurs 
fois. I1 trouve ainsi un « résultat » différent, pour une même collection, à chaque 
nouveau comptage. Ces exercices sont  toxiques pour lui car il détruisent la 
notion d'invariance du nombre. 

. L'association du trouble spatial, des erreurs de comptage et de la dysgraphie 
rend particulièrement inappropriés les exercices où il faut relier entre elles des 
collections (réalisation de traits qui s'entrecoupent). 

. Le recours à du matériel concret (petits jouets, bûchettes, jetons, ...). que 
l'enfant manipule mal (dyspraxie) n'est pas justifié. De même, il n'est pas 
judicieux de l'inciter à utiliser ses doigts pour calculer car il a souvent beaucoup 
de difficultés à isoler un doigt. 

Au contraire, insister sur :  

. L'apprentissage « par cœur » des résultats de petites opérations de calcul 
mental (« faits numériques ») et le recours à la suite orale des nombres. 
. L'utilisation des constellations (configuration de doigts, nombres de 1 à 5, 
représentés par des points disposés comme sur les dominos), utilisées comme 
référence analogique de la notion de quantité. 

Car 

. L'enfant connaît bien la comptine de la suite des nombres ;  
. L'enfant a bien compris la fonction du nombre ; 
. L'enfant raisonne bien et compte bien (ajouts, retraits) oralement, sur de 
petites quantités ; 
. L'enfant  comprend les relations  d'ordre et les relations comparatives 
(plus, moins, pareil,...) ; il peut comparer ou égaliser des collections. 
. Dans l'ensemble, il réussit bien toutes les activités de  catégorisation
(alors qu'il échoue dans la plupart des sériations).  
 

. En primaire

La pose et la résolution des opérations sont rendues difficiles par la nécessité de 
produire un algorithme spatial : écriture des nombres (de droite à gauche, mais 
lecture de gauche à droite), alignement en colonne des unités, dizaines, centaines, 
positionnement des retenues, etc.
 
. S'appuyer sur la file numérique pour travailler les notions d'ajout et de retrait 
de petites collections (« on avance » ou « on recule » sur la file numérique). 

. Utiliser les résultats mémorisés d'opérations fréquentes (« faits 
numériques ») : apprentissage « par cœur » des compléments à  10, des tables 
d'addition et de multiplication, des stratégies de calcul mental. 

. Proposer des logiciels informatiques réalisant la pose des opérations (surtout 
utiles pour visualiser « le reste » dans les divisions). 

. Permettre l'utilisation précoce d'une calculette.
 
Les tableaux à double entrée, le repérage de points comme intersection de 
lignes/colonnes et l'ensemble des représentations graphiques sont d'accès difficiles 
du fait des troubles d'organisation spatiale (et non pour des raisons conceptuelles). 

. On peut proposer des exercices de combinatoire sous une forme verbale. 

Eviter le recours au figuratif, au matériel à manipuler ou à 
dénombrer Favoriser le recours au verbal, au raisonnement, au formel 

 
A partir du collège

. Dissocier raisonnement et calculs numériques.
 
. Eviter les dessins censés représenter la situation-problème, les schémas 
figuratifs : ils parasitent la réflexion de l'enfant qui les analyse et les interprète 
mal. 

. S'appuyer sur des descriptions verbales très complètes et très précises (des 
situations-problème, des règles de calcul algébrique, des séquences successives de 
raisonnement, etc...). 

. Utiliser systématiquement calculette et  programmes informatiques 
spécialisés. 

L'échec en géométrie  est constant et rebelle.  Des logiciels spécialisés sont 
indispensables pour permettre l'accès à certaines notions. L'utilisation des outils 
tels la règle, le compas, l'équerre, le rapporteur, le tracé des figures restent en 
général très compromis. 

. Eviter les redoublements exclusivement liés aux difficultés en mathématiques 
et conseiller des orientations vers des voies non scientifiques (filières littéraires, 
langues, droit, ...)

 
- LA LECTURE

Tous ont d'excellentes compétences métaphonologiques* et  vont apprendre
normalement à lire en CP. Cependant, certains enfants souffrant d'un type particulier
de dyspraxie (dite « visuo-spatiale ») organisent mal leur regard et peuvent présenter 
des difficultés lors de l'accès à la lecture « courante » (CE) et lors de la lecture de 
textes. Certains peuvent souffrir d’une dyslexie  visuo-attentionnelle qui devra faire 
l’objet d’une rééducation très spécifique (orthophoniste).
 
. Non accès à la lecture dite « courante »

L'enfant stagne à un stade de « déchiffrage » plus ou moins efficace, plus ou moins 
laborieux.  Sa fatigabilité à la lecture est anormale (il est épuisé après quelques 
lignes). 
L'orthographe d'usage ne se met pas (ou difficilement) en place. La dysorthographie
s'aggrave avec l'âge malgré les aides fournies (cours particuliers, rééducation 
orthophonique, ...) 

. Il faut consulter un ophtalmologiste et surtout prévoir un bilan orthoptique.
  
. Il faut scanner les textes à lire et augmenter (un peu) la taille des interlignes.
 
. Il faut marquer le début des lignes (par exemple : colonne verte dans la marge 
gauche des livres) et/ou surligner chaque ligne avec des fluos de couleurs différentes.  

. Il faut veiller à la présentation (simple, aérée, régulière) et à la typographie. 

Ces enfants n'aiment pas lire car ils lisent mal, ce qui va constituer un « sur-handicap » 
évitable . il faut leur faire la lecture, acheter des livres-cassettes et des vidéos car ils
apprennent essentiellement en écoutant et en observant. 

. L'enfant se perd dans le texte

Il ne peut répondre aux questions posées ce qui peut  donner l'impression qu'il ne
comprend pas ce qu'il lit. Il est très lent pour retrouver une information dont il a besoin 
(dans ses cours, dans un livre, dans un texte). 

. Lui lire les textes chaque fois que possible et le faire travailler à l'oral. 

. Lire les questions avant le texte : avec des surligneurs de différentes couleurs, il 
repérera les extraits ayant trait à chaque question dès la 1 è`°lecture. 
 
. Les effets de présentation sont très importants : proposer un exercice par page ; 
choisir une typographie et présentation simples, structurées et prévisibles. 
Eviter la multiplication et l'éparpillement des informations sur un même support (murs 
de la classe, tableau, page, ...), ainsi que les mises en page « insolites » car l'enfant s'y 
perd. 

* Compétences méta-phonologiques ou « conscience phonologique » : capacité à  manipuler les sons de la langue, 
indépendamment de l'aspect lié au sens des mots. Cette habileté est indispensable pour accéder au versant écrit des 
langues alphabétiques.