QUELQUES PRECISIONS MEDICALES

     
 
    Les dyspraxies sont des anomalies de la planification et de
l'automatisation des gestes volontaires. 


Indépendamment de  la commande motrice proprement dite qui est préservée
(absence de « paralysie »), la réalisation de chacun de nos gestes nécessite la 
coordination et la régulation de nombreux facteurs sensori-moteurs : tonus postural, 
gestion temporelle des contractions et décontractions des différents groupes 
musculaires concernés, contrôle précis de la directionnalité, de l'amplitude et de la 
force, de la configuration manuelle (prises) etc... La gestion coordonnée et 
automatique de tous ces aspects temporels et spatiaux fait normalement l'objet d'une 
pré-programmation cérébrale - d'une planification motrice « globale » - qui seule 
permet la réalisation précise, harmonieuse et efficace du geste. 
En cas de dyspraxie :
. Les gestes sont lents et maladroits ; c'est souvent la composante spatiale de 
l'organisation gestuelle du geste qui est perturbée. 
. La réalisation des gestes est fluctuante d'un essai sur l'autre, allant de la 
réussite occasionnelle et non reproductible à toutes formes d'échecs. 
. L'enfant progresse avec le temps (l'entraînement, les rééducations), mais il 
ne normalise jamais sa performance. En particulier, le geste ne s'automatise jamais 
nécessitant toujours  un contrôle volontaire extrêmement coûteux sur le plan 
attentionnel, générant une fatigue anormale, souvent méconnue. 
     


 
    Quelles sont l es causes ?


Cette anomalie du développement gestuel se voit dans deux contextes différents : 
. Au décours de lésions cérébrales plus ou moins localisées (IMC*, le plus 
souvent enfant  ancien prématuré ;  tumeur ou accident vasculaire cérébral ; 
traumatisme crânien ...). La dyspraxie peut être isolée ou associée à d'autres séquelles 
neurologiques. On parle alors de « dyspraxie lésionnelle ». 
. Chez des enfants sans aucun antécédent pathologique qui, pour des 
raisons encore obscures, ne construisent pas normalement leurs fonctions praxiques 
(« dysfonctionnement » cérébral focalisé)  et ce, bien que toutes les autres fonctions 
cérébrales soient normales. On parle alors de  dyspraxie développementale qui 
rentre dans le cadre des « troubles spécifiques des apprentissages ». 
La plupart des dyspraxies s'accompagnent  de troubles de la structuration de 
certaines notions visuo-spatiales : l'enfant a des difficultés à se repérer sur la page, 
à s'orienter dans les tableaux, les repères de points ou les quadrillages, les obliques, 
les cartes de géographie, à situer les uns par rapport aux autres l'emplacement des 
différents éléments d'un schéma, d'un puzzle, d'une figure géométrique..